Ils fabriquent des pièces pour l'industrie mondiale, depuis la Somme
Dans un atelier discret de la Somme, une équipe d'une vingtaine de personnes usine chaque jour des milliers de pièces qui partiront alimenter des chaînes de production, des avions, des équipements médicaux ou des véhicules aux quatre coins de l'Europe. Peu le savent. Eux, ils en sont fiers.
Des pièces anonymes, un travail essentiel
Il n'y a pas d'étiquette « Made by ETS Gueriel » sur les pièces qui sortent de l'atelier. Elles seront montées dans des ensembles plus grands, noyées dans des mécanismes complexes, invisibles à l'utilisateur final. C'est la nature de la sous-traitance industrielle : contribuer à quelque chose de plus grand que soi, sans chercher la reconnaissance du grand public.
Et pourtant, dans l'atelier, chacun sait exactement ce que ses pièces valent. « Ces axes, ils vont partir dans un système hydraulique pour l'industrie ferroviaire, » explique un régleur en montrant sa production du jour. « Si c'est mal fait, ça peut bloquer quelque part sur une ligne. Alors on ne fait pas semblant. » Cette conscience de l'enjeu est palpable dans l'équipe.
Une équipe, des profils, une même exigence
L'atelier d'ETS Gueriel rassemble des profils variés : des techniciens formés en lycée professionnel local, des opérateurs qui ont appris le métier sur le tas pendant vingt ans, des contrôleurs qualité issus d'autres secteurs, un technicien méthodes passionné de programmation CN. Des femmes et des hommes, des jeunes et des moins jeunes, des Picards de souche et des personnes venues d'ailleurs qui ont choisi de s'installer dans la région.
Ce qui les rassemble ? Une certaine idée du travail bien fait. Une intolérance commune à la pièce bâclée. Et une fierté tranquille, celle qu'on ne crie pas sur les toits mais qu'on ressent quand on signe son travail de la rigueur d'un professionnel.
L'atelier comme lieu de vie
Un atelier d'usinage n'est pas qu'un lieu de production. C'est un lieu de vie, avec ses rituels, ses blagues du matin, ses tensions pendant les périodes chargées et ses satisfactions collectives quand une série difficile sort enfin dans les clous. Les relations qui se tissent entre collègues dans ce genre de structure à taille humaine sont d'une qualité rare : on se connaît vraiment, on sait sur qui compter, on s'entraide sans calcul.
La direction d'ETS Gueriel cultive cet esprit. Les décisions se prennent en proximité, les efforts sont reconnus, les idées du terrain sont écoutées. Ce n'est pas un discours de façade — c'est une façon de fonctionner qui se traduit par une ancienneté moyenne élevée et un turnover faible dans l'équipe.
La Somme comme point de départ vers le monde
Il y a quelque chose d'un peu vertigineux à penser que des pièces usinées dans cet atelier de la Somme se retrouvent ensuite embarquées dans des équipements qui circulent en Allemagne, en Espagne, au Royaume-Uni ou au-delà. La mondialisation a souvent été présentée comme une menace pour les PME industrielles françaises. Elle est aussi, pour celles qui maintiennent leur niveau d'exigence, une formidable opportunité d'exister à une échelle qu'aucun marché local ne pourrait offrir.


